[b]"GRANDOLA ville brune
Terre de la fraternité
Le peuple est celui qui commande le plus
A l'intérieur de toi ville
A l'intérieur de toi ville
Le peuple est celui qui commande le plus
Terre de la fraternité
GRANDOLA ville brune
Dans chaque coin un ami
Dans chaque visage un ami aussi
GRANDOLA ville brune
Terre de la fraternité
Terre de la fraternité
GRANDOLA ville brune
Dans chaque visage un ami aussi
Le peuple est celui qui commande le plusA l'ombre d'un chêne
Dont je ne savais pas l'âge
Je t'ai juré comme compagne
GRANDOLA à ta volonté
GRANDOLA à ta volonté
Je t'ai juré comme compagne
A l'ombre d'un chêne
Dont je ne savais pas l'âge."[/b]
C'est cette chanson, chantée par José Afonso qui fut le signal de la Révolution portugaise (
Révolution des oeillets).
Dictateur effrayant mais gravement malade, police militaire et politique (PIDE) omniprésente, enlissement de l'armée dans des guerres d'indépendances (en Guiné-Bissau, Angola et Mozambique), classe prolétaire active et secteur capitaliste voulant s'ouvrir de nouveau horizons. Tous les éléments semblait rassemblés pour que les années 1970 soient le théatre de boulversements majeurs au Portugal.
Dans la nuit du 25 avril 1974, la chanson de José Alphonso retenti à la radio. C'est le signal pour le commandement du Mouvement des Forces Armées de lancer le putsh contre le gouvernement dictatorial post-salazariste de Caetano. Celui-ci, réfugié dans la caserne de gendarmerie de Lisbonne cèdera le pouvoir au général Spinoza pour "
éviter que le pouvoir ne tombe dans la rue"
Malgré les consignes données à la population par l'armée putshiste, les portugais n'écoutent que leur coeur et descendent en masse dans la rue avec les militaires. C'est la saison des oeillets et tout naturellement,
ces fleurs posées sur les canons des fusils seront l'emblème du changement.
Les premières heures de la Révolution passées, les revendications du peuple se font entendre. Notamment, l'arrêt de tous les combats dans les colonies et le retour des troupes pour trouver une issue politique à la crise en prenant exemple sur les nations voisines qui la plupart du temps trouvent à ces questions des issues pacifiques.
Puis les travailleurs, désormais libres, se rebellent contre tout pouvoir patronnal sous le regard complice des militaires qui jouent parfois le rôle de médiateur entre pouvoir et salariés. Malgré les tentatives d'apaisement de la part du gouvernement en place, ces revendications ne sont pas du goût du Parti Communiste. Et pour la première fois depuis le 25 avril, la classe ouvrière trouve des limites à son enthousiasme. Les "meneurs" de ce mouvement sont arrêtés et interrogés, les photos des manifestations sont saisies à fins d'identification. Même les militaires qui se mutinent sont rappelés à l'ordre par les pouvoir en place qui estime qui toute grande nation ne peut avoir une armée qui déserte prenant encore exemple sur les grandes nations européennes voisines.
Début 1975, le pays stagne. La crise plane. Deux camps s'opposent : les "réalistes" qui intègrent les syndicats du parti communiste et les révolutionnaires radicaux.
En mars 1975 une seconde tentative de putsh est lancée par les conservateurs. Mais la peur du fascisme et l'engagement populaire sont tels que la "droite" est balayé. Période qui verra l'avènement du parti communiste au pouvoir. Après des réformes agraires et industrielles plus ou moins acceptées des contre-pouvoirs se forment dans les camps prolétaires mais aussi conservateurs qui conspirent ouvertement.
Mais le parti communiste, soupape de sécurité du Mouvement des Forces Armées ne laisse jamais le pouvoir vacant, jouant sur la peur de l'extrémisme et du fascisme.
Le 25 novembre 1975, un deuxième coup militaire, restaure l'autorité centrale de l'État, neutralise les centres du pouvoir de la gauche militaire. Mais la direction du Parti communiste est informée par les militaires de la préparation du putsch.Chaque groupe tente d'attirer l'armée de son côté. La facilité du putsh montre que l'armée est usée par toutes ces luttes. Le temps où
"la poésie était dans la rue" est terminé. Place aux réalités sociales et politiques avec son lot de corruption, politiques stagnantes.
Trente et un ans après, le Portugal possède quatre Agences de la Souveraineté : Chef d'État - pouvoir du modérateur), l'Assemblée de la République (le Parlement - pouvoir législatif), le Gouvernement (pouvoir exécutif) et les Tribunaux (pouvoir judiciaire).
La croissance économique portugaise a été au-dessus de la moyenne de l'Union européenne pendant la décennie de 1990. Entrée dans l'Europe en 1986, elle fait parti des premiers pays qui sont passés à l'euro.
Merci à Mig (il se reconnaitra) de nous avoir remémoré une telle page de l'Histoire du Portugal et de l'Europe.